Les fausses déclarations lors de l’établissement d’un acte de naissance au Sénégal : quelles sanctions ?

L’acte de naissance est le document fondateur de l’identité d’une personne. Il permet d’accéder à des droits essentiels tels que la scolarisation, le mariage, la succession, la délivrance d’un passeport ou la demande de nationalité. Au Sénégal, la loi protège la fiabilité de ces documents et sanctionne sévèrement les fausses déclarations faites lors de leur établissement. L’article 59 du Code de la Famille sénégalais fixe les peines encourues et rappelle la gravité de ces infractions.

Que dit l’article 59 du Code de la Famille sénégalais ?

L’article 59 dispose :

« Quiconque, lors de l’établissement de l’acte de naissance et de son dossier annexe, aura sciemment, devant l’officier de l’état civil, fait des déclarations mensongères sera puni d’une peine de deux mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 100.000 francs, sans préjudice de tous dommages-intérêts au profit de la victime. »

Cet article a pour objectif de préserver la sécurité juridique de l’état civil et de protéger les droits des personnes contre toute fraude ou manipulation.

Qu’est-ce qu’une fausse déclaration lors d’un acte de naissance ?

Une fausse déclaration consiste à fournir volontairement des informations inexactes à l’officier d’état civil au moment de la déclaration de naissance. Les cas les plus fréquents sont :

  • La filiation mensongère : déclarer un faux père ou une fausse mère.

  • La date ou le lieu de naissance falsifié : modifier ces données pour contourner des délais ou obtenir un avantage administratif.

  • Les informations personnelles erronées : utiliser de faux documents ou de fausses identités.

Il faut que la déclaration mensongère soit faite sciemment : une simple erreur ou omission involontaire ne relève pas de cette infraction.

Sanctions prévues par l’article 59

La loi prévoit des sanctions pénales lourdes pour toute personne reconnue coupable de fausse déclaration :

  • Peine d’emprisonnement : de 2 mois à 2 ans.

  • Amende : de 20 000 à 100 000 francs CFA.

  • Réparation civile : la victime peut demander des dommages-intérêts.

Ces sanctions peuvent être cumulées et visent à dissuader toute fraude portant sur l’état civil.

Exemples concrets de fausse déclaration

Exemple 1 : Fausse paternité

Un homme se déclare volontairement père d’un enfant dont il n’est pas biologiquement le père pour faciliter une demande de nationalité française. Cette fraude est punissable.

Exemple 2 : Modification de la date de naissance

Des parents déclarent leur enfant avec une date de naissance avancée afin qu’il puisse passer un examen plus tôt ou obtenir une bourse scolaire. Cet acte constitue une fausse déclaration.

Exemple 3 : Changement de lieu de naissance

Une mère déclare son enfant comme étant né au Sénégal alors qu’il est né à l’étranger pour obtenir la nationalité sénégalaise. Cette fraude est sanctionnée par la loi.

Conséquences supplémentaires

En plus des sanctions pénales, une fausse déclaration peut entraîner :

  • Annulation de l’acte de naissance frauduleux.

  • Blocage des démarches administratives (passeport, transcription à l’étranger, mariage, héritage).

  • Retrait des documents délivrés (carte d’identité, certificat de nationalité).

Comment éviter une fausse déclaration ?

Pour éviter toute suspicion de fraude :

  • Présenter des documents authentiques (certificat d’accouchement, pièces d’identité).

  • Vérifier toutes les informations avant signature.

En cas d’erreur, procéder à une rectification judiciaire plutôt que de dissimuler la faute.

L’accompagnement du cabinet LegalField

Chez LegalField Avocats , nous accompagnons nos clients dans toutes les démarches liées à l’état civil au Sénégal : déclaration de naissance, rectification d’erreurs, transcription d’actes étrangers et défense en cas d’accusation de fausse déclaration. Nous intervenons également dans les procédures judiciaires pour faire annuler ou corriger un acte frauduleux.

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